mardi 5 juillet 2016

De sourire de la conspiration des femmes


Près de 4 mois d’absence !



Je l’avais dit, le nouveau venu dans ma vie prend sa place, son espace et comme disait l’autre, c’est à moi de m’adapter à lui et pas le contraire…

Alors, les petits moments comme ceux-ci me font me mettre derrière mon ordinateur, mais là ce n’est pas pour un de mes crus, non.



Mes mots d’aujourd’hui, je les emprunte à « Marche dans la Bible » …



L’Exode s’ouvre par un drame et des miracles.

Pharaon, dieu sur terre pour les Égyptiens, ordonne la mort des garçons des Hébreux. Pourtant, des femmes vont désobéir à ce faux dieu, ce dieu du mal et de la mort : les sages-femmes refusent de tuer les enfants, la mère de Moïse cache son fils, la fille du Pharaon adopte l’enfant et le confie de nouveau à Myriam la grande sœur de Moïse et à sa maman, et ses servantes gardent le secret.
Dans la Bible, les femmes interviennent chaque fois que la survie du peuple élu est en jeu. Car notre Dieu est le Dieu de la vie qui jaillit en abondance. Il suscite, par sa grâce, une multitude d’amis de la vie pour lutter contre les ennemis de la vie. C’est un combat « à vie », pour la vie.


En ouvrant ce livre de l’Exode, notre regard est invité à contempler toutes ces femmes qui se battent pour que les plus faibles et les plus fragiles aient droit à la vie. Ainsi, quelle femme fut plus extraordinaire que sainte Mère Teresa ? Une femme qui n’eut jamais d’enfant, mais qui fut pleinement une mère pour tant d’enfants.

« La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est béatitude, savoure-la.
La vie est un défi, fais-lui face.
La vie est précieuse, prends-en soin.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est mystère, perce-le.
La vie est promesse, remplis-la.
La vie est tristesse, surmonte-la.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.
La vie est la vie, défends-la. »



C’est exactement ici que je suis. Après avoir été par terre, je me suis relevée. Et depuis, sachant que la vie est une chance, je la saisis. La sachant belle, je l’admire. La sachant un rêve, je le réalise. Une béatitude ? Dieu que je la savoure. Un défi ? Je lui fais face, je me bats, je lutte et je fais en sorte que des choses ne se reproduisent plus dans ma vie. Précieuse, la vie ? J’en prends soin… je passe par tout ce qui est décrit là-haut … et jusqu’à la défendre !



Parce que rien ne vaut la vie.




mercredi 30 mars 2016

De rire de l’ironie du sort…


Bonne année à chacun en plein fin mars !



Au lieu de continuer de rabâcher tout le monde avec mes excuses de présence-absence sur la toile, je vais vous avouer : ma plus belle œuvre est née le jour de mon anniversaire ! Un superbe clin d’œil de la Providence…

Alors, depuis, je suis au service de son altesse mon adorable bout de chou, je lui suis totalement dédiée !

Alors de chez nous, je reste tout de même connectée aux nouvelles.  

Celles du Congo surtout, l’autre chose pour laquelle je vibre.



Ces deux évènements mis ensemble me font sourire ces temps-ci. Je ne suis pas en quête de rire de l’ironie du sort, non, je suis carrément en train de le faire, je ris de l’ironie du sort. Ce n’est donc pas une quête, c’est un fait : mon état actuel.

Je trinque au sort, qui ne cesse de me faire des clins d’œil depuis un bon moment maintenant… J’ai réussi mon parcours-papillon.

Et je ne remercierai jamais assez les emmerdeurs de vie que j’ai connus, vous m’avez donné encore plus de plomb dans mon mental.



J’emprunte ici les mots d’Éric Célérier du Top Chrétien :

« Vous connaissez sans doute le processus de croissance du papillon. C'est l'une des transformations les plus fascinantes que nous offre la nature.

Tout commence avec une petite larve qui devient chenille... une chenille qui se tisse une habitation temporaire.

Cette habitation semble être un lieu où rien ne se passe (vu de l'extérieur), presque un endroit de mort, sans mouvement, sans bruit... mais pas sans vie...

Quelques jours passent et tout à coup la vie jaillit et quitte le cocon. Une paire d'ailes magnifiques déchire le ciel et contribue à la beauté de la création.

Saviez-vous, que si l'on ouvrait le cocon "artificiellement" pour aider le papillon à en sortir, celui-ci mourrait ?

C'est ce processus de lutte pour quitter la chrysalide qui permet aux ailes de se fortifier, d'être assez solides pour affronter ensuite les éléments naturels, le vent, la pluie et tout ce à quoi le papillon devra faire face au cours de sa vie. Ce passage clé de "la chrysalide" est incontournable et essentiel à la préparation de cette créature. »



Parallèlement à mon sourire, je me questionne sur l’avenir du monde, avec tous les attentats qui se multiplient à travers le monde. On a beau contourner, tripatouiller, l’heure du bilan sonne toujours. À la fin d’une année, à son début, à l’occasion d’un anniversaire, à l’occasion de rien, à la suite d’une disparition.

2016 est une année de bilan pour le Congo dit démocratique.

Pour le monde tout court.

Vous avez dit mondialisation ? Hum.

Tous les compteurs devraient retourner à zéro…

Beaucoup ne sont pas prêts, encore.



Dans mon entourage et famille, je repars de zéro également. En prenant les nouvelles de ceux qui comptent. Pas via un « like » incompréhensiblement imbécile sur Facebook, mais en vrai, en décrochant mon téléphone ou quand c’est possible, en personne.

C’est seulement comme ça qu’on pourrait vraiment s’en sortir. Témoigner notre affection à nos proches. Pour que lorsqu’ils disparaissent, aussi brutalement comme ceux qui sont morts lors des attentats à Bruxelles, nos regrets, notre chagrin ne se transforment pas en remords.

« Reposez en paix Sabrina, Yves, et vous tous qui êtes partis si brutalement… »



C’est ici que je voudrais placer le texte de ma cousine Fleur Thambwe aka Fifi. J’ai évidemment sa permission pour le diffuser… Il parle du Congo, dans la mondialisation, avec pour sujet l’intégrisme, de façon très humoristique, un moyen de traverser nos douleurs :



« Je fais ma valise avec grande joie !!!

J'ai l'impression que finalement, on est plus en sécurité, à Kinshasa, entre nos policiers/militaires mal lunés et nos kulunas.

J'étais à Paris, le 13 novembre. Je vis en Belgique.

Il y'a une marche contre la peur, organisée le 27 mars.

Je n'irais pas marcher, j'ai peur.



Je vais à Kinshasa, là-bas, les djihadistes n'ont pas le temps de chercher comment faire les bombes, et où aller s'exploser.

Il faut de l'électricité pour confectionner la bombe, donc avec la SNEL, là, et le délestage, ça va être tellement compliqué que ta bombe, c'est dans ta main qu'elle va exploser.



Et puis quand, au bout de 4 mois, tu as fini la bombe, tu veux la mettre dans le taxi, laisse seulement. Les taxis sont fous et les taxi-bus ont les esprits de mort ! D’ailleurs, non seulement, tu n'as pas de place pour tes valises, mais en plus, vous allez faire l'accident avant que tu n'ailles faire l'explosion.



Admettons, tu as pris le taxi privé, tu veux mettre la valise dans le coffre. Tu ouvres le coffre, soit c'est un grand trou et tu vois déjà comment la valise va tomber sur le sol, soit le taximan a été au marché le matin même et dans le coffre, il y'a sa chèvre, ses poulets et son pondu. Tu fais comment avec ta valise ?



Bon, tu as enfin réussi à trouver une voiture, tu es en route pour l'explosion. Sauf qu’avec les embouteillages sur le boulevard, tu ne vas jamais arriver !

Et si ce ne sont pas les embouteillages, ta voiture s'est noyée à cause des montées d'eau de pluies, qui ne s'évacue pas. La bombe a pris l'eau. Elle ne va plus péter.



Bon, tu as passé tout ça, tu as séché la bombe même, tu es en route pour N’Djili, mais embouteillage entre Limite-Massina-N’Djili. Donc, tu essayais d'aller faire exploser la bombe à N’Djili, tu es déjà fatigué, en arrivant.

Tu laisses seulement !



Et j'ai même oublié de préciser, au cas où le gars préfère la ceinture explosive à la bombe dans la valise. Soit, il ne fera pas deux mètres avec, tellement la chaleur va frapper la lourdeur de la ceinture. Soit il ne dépassera jamais Bandal ou Lemba, où on va le couronner... Roi des Sapeurs !!!



À Kinshasa, les djihadistes sont moins costauds que le système kinois, hein.  Nous au moins, on est habitué… LOL ! »



Merci Fleur.












dimanche 27 décembre 2015

D’entendre, en plus de comprendre…


Avant de me lancer dans mon post, je voudrais relever moi-même mon absence pendant cinq mois : J’étais en train de donner et célébrer la vie avec les miens…

Et rire de l’ironie de l’existence.

Le rire de Sarah, la femme d’Abraham, c’est mon rire aussi depuis un temps.

 
Comme je partage pas mal – je suis une bavarde -, ce serait explicitement lisible dans un de mes prochains romans, c’est sûr.

Partager m’ayant aidée à contourner une dépression, alors…

 
Vérifier ses perceptions est un acte d’assainissement.

Ça fixe les choses, ça clarifie les relations et donnent aux impressions le nom de certitudes. C’est pour ça qu’il faut se parler.

Je peux mal entendre, mal interpréter, mais je peux écouter et comprendre dans une discussion qui intervient avec ce but ultime : la compréhension.

 
Les dirigeants, comme certains hommes et certaines femmes en couple, excellent dans l’art du flou !

Ils préfèrent laisser entendre au lieu de faire comprendre.

Et bonjour la panoplie des termes qui s’ensuivent dans le genre glissement, manipulation, ou autre.

 
Ce mois de décembre me trouve dans la gratitude et c’est dans cela que je voudrais rester et vous laisser.

On reprendra nos grandes questions existentielles l’année prochaine, un nouvel an qui arrive dans exactement 4 jours…

Bonne année.

 

vendredi 10 juillet 2015

De célébrer la vie…


Avec la chaleur humaine, le sourire des siens, l’apprentissage d’une nouvelle langue ou la conduite d’un véhicule, tout ça !

Je vais revenir dessus…

La communauté congolaise du Canada – Montréal et Ottawa surtout – défraie la chronique depuis quelques jours et pas de façon habituelle. Pas les combattants, pas la musique, pas les deuils. Non.

Toutes les facebookeuses et tous les facebookeurs ont une longueur d’avance sur le quid, donc je vais passer très vite et m’arrêter moi sur un détail assez flagrant et qu’on évoque que très peu dans cette affaire (ces images de séquestration d’une jeune fille de 21 ans par la bande d’une autre de 40 ans à cause d’un gars), c’est l’élément déclencheur : la « sexe-tape » !!!!  

On s’égosille sur les conséquences de quelque chose qu’on ne nomme pas. Comme les viols au Congo Démocratique, comme les immigrants qui traversent la méditerranée pour l’Europe, comme les présidents qui s’accrochent à leur fauteuil…

 
Ça part toujours de quelque part !

 En partant des réalités de vie, nous savons que s’exercent toujours sur les femmes des attentes qui ne concernent qu’elles : être naturellement douée pour prendre soin des autres, notamment des enfants, s’adonner aux tâches ménagères, rester toujours belle et désirable, se mettre en retrait professionnellement et socialement pour soutenir son partenaire, etc.

Ce sont les effets du patriarcat, c’est-à-dire d’une logique qui prône la domination des hommes sur les femmes, ou si l’on préfère, de la supériorité accordée dans la société aux rôles, valeurs, compétences dites « masculines » au détriment des rôles, valeurs et compétences dites « féminines ».

 
Et donc, comme on est en pleine société patriarcale, qui crée des rapports de force entre les femmes, ce qui brise les possibles solidarités entre elles, à l’heure où la résistance s’impose, l’auteur de la vidéo, la cause de tout ça, est protégé, effacé. Il devient ipso facto lui aussi victime, au même titre qu’Hélène, la pauvre fille de 21 ans. La méchante, ici, en fait, c’est l’autre femme, reconnue et réputée « invivable » de par son caractère et son tempérament. On dit que le gars en fait n’a rien commis de criminel, seulement d’immoral et on ne condamne pas les gens par rapport à leur moralité mais leur criminalité. Ouais, on peut aller dans cette direction, sauf que ça n’enlève rien au fait qu’il est l’élément déclencheur. Encore heureux que miss 40 n’ait trouvé qu’une seule « sexe-tape »… Imaginez qu’elle en ait trouvé plusieurs ? Allons-y dans le délire. Celle avec l’épouse légitime, celle avec l’épouse secondaire, celle avec la maitresse éternelle à vie, celle avec la « fille qu’il dit ne pas être son genre mais avec qui il fricote », celle avec l’ex numéro 1, 2 et jusqu’à X, celle avec la « fuck-friend » qui peut aussi être la fameuse maîtresse éternelle à vie, celle avec la « cousine », etc.

C’est pour ça que cet élément déclencheur-là, il n y a pas à le cajoler, pauvre monsieur, à le caresser dans le sens du poil et à comprendre qu’il vit mal que ses parties intimes – son cerveau – aient été vues par tant de gens. Sa pudeur est dévastée, on ne devrait pas en rajouter… Pffff !

Si tout le monde sait aujourd’hui à quoi ressemble son « cerveau », c’est sa faute, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. On peut peut-être penser que vu son âge, 26 ans, il a des chances de prendre une autre direction. Parce qu’il y a des gens qui ont tellement fait et vieilli dans ce mode de fonctionnement qu’on ne peut vraiment plus rien faire pour eux. C’est djamé ! Faut juste les éviter et prier pour que vos filles ne croisent jamais leur chemin sinon c’est la muerta.

Comment on a été socialisé joue un rôle capital dans qui nous devenons plus tard. Et dans notre socialisation, il y a nos valeurs morales, on ne peut pas les oublier en nous définissant. Alors qu’on arrête de continuer à privilégier le bleu au détriment du rose et à donner des caractéristiques masculines qui n’en sont pas à nos enfants. Prendre ses responsabilités, ça commence toujours sur le plan personnel pour ne pas éclabousser le public.

La masculinité est hégémonique. Et le patriarcat existe vraiment. Bien qu’il ne soit pas écrit, il est assimilé et perpétré chaque jour dans nos existences, par la télé et le système.

C’est la  structure primaire sur laquelle la société actuelle repose. Une tentative de définition serait la suivante: le Patriarcat est une forme d’organisation politique, économique, religieuse et sociale basée sur l’idée d’autorité et de leadership de l’homme, où il existe une prédominance des hommes sur les femmes, du mari sur l’épouse, du père sur la mère et les enfants et de la ligne de descendance paternelle sur la ligne maternelle. Le Patriarcat a surgi par une prise historique du pouvoir par les hommes lesquels se sont appropriés la sexualité et la reproduction des femmes ainsi que son produit, les enfants. S’est ainsi créé dans le même temps un ordre symbolique à travers les mythes et la religion qui  perpétue le patriarcat comme unique structure possible. L’ordre patriarcal crée une imposture basée sur le principe de l’Absolu Masculin (Unique, Seul) d’où la femme est exclue. Par conséquent, le registre du passé de la race humaine qui a été écrit et interprété est seulement un registre partiel qui omet le passé de la moitié de l’humanité. Encore que ces informations n´ont pas été consignées avant qu’elles ne le soient par des femmes aujourd´hui. Les femmes ont été systématiquement exclues du façonnage des systèmes de symboles, des philosophies, des sciences et des lois.

 
On peut prendre une femme comme un peuple pour une conne une fois, mais on ne peut pas le faire tout le temps. C’est cette fin-là qui est totalement jubilatoire. Pour miss 40 et miss 21 dans cette chronique congolaise canadienne, la solidarité n’a pas été au rendez-vous, comme souvent. Mais ça ne sera pas toujours comme ça. Un jour, l’histoire changera et sera raconté d’un autre point de vue sans avoir à se crêper le chignon pour un « cerveau » instable !  

Et là, épouse légitime, secondaire, maîtresse éternelle à vie, la maitresse éternelle à vie, la « fille qu’il dit ne pas être son genre mais avec qui il fricote », toutes les ex, la « fuck-friend » qui peut aussi être la fameuse maîtresse éternelle à vie, la « cousine », etc., pourront célébrer la vie en toute solidarité.

Et moralité ou criminalité, qu’importe ! Dans la vie, il faut savoir assumer ses choix, ses actes, ses colères, son addiction et ses décisions jusqu’au bout !!!!!!!
 
Un message à mon amie Lina :
Bonne fête très chère...
Je sais que tu me lis toujours et je te rassure, je n’ai pas oublié ton anniversaire.
Merci pour tout ce que tu es pour moi dans ce pays.

lundi 18 mai 2015

De fusiller pour faire régner…


La paix.

La tranquillité.

La quiétude. Au Congo et partout ou des hommes violent au nom de je-ne-sais-quoi.

J’étais membre de jury catégorie documentaire durant le 31e festival Vues d’Afrique. S’il y a un documentaire que je peux vous suggérer c’est le gagnant,  « L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate » et la mention, « Rwanda, la vie après – paroles de mères »…
S’il y a des gens qui pensent juste qu’on exagère en parlant de viol, ou qui sont contents de leur vie en 3D sur les réseaux sociaux, allez-y regarder ces documentaires.

Moi j’ai réalisé que donner la vie c’est quelque chose d’extraordinaire. Être enceinte c’est quelque chose. Et on le célèbre dans un couple d’amour d’une certaine façon, alors imaginez qu’on vous ait violé par plusieurs gars, et vous donnez quand même la vie, une vie chérie finalement aimée et protégée par vous… c’est juste wow !  

 
Il y a des hommes qui violent, il y en a d’autres, comme Denis Mukwege, qui répare les dégâts. Qui s’en vont en campagne contre cette façon de faire, et qui dit carrément que pour lui la solution extrême serait de couper les bijoux de famille des violeurs… On n’est pas loin lui et moi. Les fusiller ou leur couper leur instrument de ravage, c’est pareil.

Prix Sakharov 2014, le docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes, violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo, un pays parmi les plus pauvres de la planète mais au sous-sol extrêmement riche. Sa lutte incessante pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables dérange, au point d’être l’objet d’une nouvelle tentative d’assassinat, à laquelle il échappe miraculeusement. Menacé de mort, ce médecin pasteur au destin exceptionnel vit dorénavant cloîtré dans son hôpital de Bukavu, sous la protection des casques bleus. Mais il n’est plus seul à lutter. À ses côtés, ces femmes auxquelles il a rendu leur intégrité physique et leur dignité sont devenues, grâce à lui, de véritables activistes de la paix, en quête de justice.

 

Quant aux paroles des mères, la réussite du réalisateur a été de faire parler les enfants nés des viols du génocide rwandais de 1994… Ils ont 20 ans et s’expriment en parlant des relations difficiles avec leurs mères, leur mal-être, l’incompréhension d’être l’objet de tant de rancœur, puis la découverte : « je suis le fruit du viol »…

Les femmes s’expriment en kinyarwanda et les silences ne sont aucunement dérangeants, au contraire ! Ils apportent un plus dans le récit de ces mères qui ont se relever et élever leurs enfants avec dignité. Et leurs paroles transcendent leurs frontières, leurs origines, leurs cultures, pour aller toucher toutes les femmes et les humains dans le monde qui vivent cette aberration qu’est le viol, quel qu’en soit le contexte. Oui, il y a des zélés qui contextualisent le viol !!!

Six femmes violées dès avril 1994 racontent leur calvaire : viol, grossesse, accouchement, errance, condamnation à vivre avec un être issu de la barbarie des hommes. Vingt ans après, on peut suivre, entendre ces femmes et leurs enfants devenus adultes…

 
On croise des gens dans ce 21e siècle qui sont des éternels plaintifs, qui mettent selon le niveau un nom à leur mal-être… L’état, le gouvernement, ma mère, mon instruction, la société, la colonisation, les frères et sœurs, le tremblement de terre, les autres, etc. Des gens en santé, nourris par la famille ou le social, mais toujours en train de rouspéter et trouver des boucs émissaires à leur immobilisme paresseux.

Il y a des problèmes plus réels dans ce monde !

Ouvrons les yeux.

 

lundi 30 mars 2015

De partage, toujours de partage…


« Rouler des pierres présente des risques ! »  
Une réflexion de Paul Calzada

 
Je suis en mode silence, tais-toi !

Mais ce n’est pas évident quand on a décidé de gérer et partager un espace de mots. Alors je remets, en grands décalages je l’avoue, ma combinaison et ma plume, mélangées à d’autres pour rester debout.

J’ai lu ceci ce matin, comme pas mal de gens peut-être, abonnés au même endroit et partageant la même foi. À ce propos, une amie m’a dit que je parlais pas mal de « religion »… C’est une identité que je veux porter désormais sans avoir à le cacher. Comme certains leurs vêtements de marque. Ouais, je veux juste avoir à le marquer, c’est important, sans entrer dans la vie des gens et leurs croyances. Je m’affiche juste. Comme les riches, comme les sportifs, comme les mannequins, comme les grandes puissances capitalistes.

Et c’est comme cela, il faudra compter avec, dans mes sujets, en dehors du Congo si cher… L’endroit où j’ai vécu les plus belles années de ma vie, lieu de formation et fondement du pays que je suis devenue et que je me suis construit…

 

Pour revenir à Paul Calzada – pas besoin de savoir qui c’est pour les non-initiés, il raconte ceci dans son partage :

Homère décrit quel était le supplice de Sisyphe : “Il était condamné à faire rouler une énorme pierre jusqu'en haut d'une montagne, et quand il était près d'en atteindre le faîte, alors la masse l'entraînait, et l'immense rocher roulait jusqu'en bas. Et il recommençait de nouveau, encore et toujours, indéfiniment…”

 
"La pierre revient sur celui qui la roule" !

On récolte ce que l'on sème.

 
Parfois nous oublions l'effet boomerang de nos actions, ou de nos paroles. A vouloir manipuler les autres, à vouloir les “rouler”, un jour ou l'autre cela nous revient à la figure. Nos actions ne sont pas sans conséquences, elles produisent des réactions qui parfois peuvent se retourner contre nous.

Ayant eu une dispute avec l'un de ses voisins agriculteurs, un jeune-homme, alla semer sur le champ, ensemencé de blé de son voisin, de l'ivraie. Le champ fut infesté par cette mauvaise plante et le blé fut totalement ravagé. Le jeune-homme riait en voyant cela, et était satisfait de sa vengeance. Quelques années plus tard, ce jeune-homme tomba amoureux de la fille de cet agriculteur. Le jour du mariage, le beau-père offrit à ce jeune-homme devenu son gendre, le champ en question. Pendant des semaines et des mois, il dut, lui-même, arracher l'ivraie qu'il avait semé !

 
"La pierre revient sur celui qui la roule" !

On récolte ce que l'on sème.

 
Si vous semez la zizanie (autre nom de l'ivraie), vous serez un jour ou l'autre rattrapé par la zizanie, elle se retournera contre vous. Si vous semez l'amertume ou la calomnie, ne vous attendez pas à récolter la joie. Si vous lancez des pierres au-dessus de vos têtes, attendez-vous à les revoir tomber sur vous !

Pour le Sisyphe d'Homère, le problème venait de ce que la pierre était lourde. S'il avait dû amener en haut de la montagne, un galet que l'on met dans un sac, cela n'aurait pas été difficile. Mais il devait rouler une pierre qui était lourde, et qui même semblait devenir de plus en plus lourde, au fur et à mesure qu'il montait.

Ne cherchez pas à porter des charges qui dépassent vos forces. Elles risqueraient de rouler sur vous, et de vous écraser. Reconnaissez vos propres limites. Certaines pierres pour être roulées, nécessitent l'effort conjugué de plusieurs bras. Travaillez dans la collaboration et la communion.

 On peut essayer cela dans l’interpersonnel, et aussi dans le communautaire.

On peut l’observer en politique… En fait, tout se recoupe et se rejoint.

En tout cas !

lundi 16 février 2015

Des choses qui se passent « au pays »…


Le capitalisme y règne !
Avec toutes ses tentacules et dans sa version tropicalisée…

Il était une fois le pouvoir.
Il était une fois des frontières, un pays, des taxis, des terrasses.
Il était une fois des hommes.
Il était une fois la coupe d’Afrique des Nations… Lol. Cette partie est la plus intéressante, et c’est le plus interpellant : voir comment en une rencontre sportive de football, une population a montré qu’elle n’oublie pas, qu’elle n’est pas conne et que cette mémoire-là est la plus dangereuse car elle s’insinue et s’installe !

J’ai pu constater l’expansion d’une certaine jetset kinoise assez particulière : les privilégiés qui gravitent autour des gens autour des gens du pouvoir. C’est long comme chemin, mais ça fait la job parce que les privilèges, les faveurs sont là. C’est le plus important dans un environnement ou chaque jour est une lutte.

On aime ça, des portes qui s’ouvrent...

Des fois elles ferment d’autres. Celles de l’amitié, celle de l’intégrité, celle de la solidarité, celle de la respectabilité, celle de la fraternité.
Ce sont les conséquences de nos choix, même si on a tendance à ne pas le voir d’emblée. On préfère alors fermer les yeux et croire que demain ça va aller…
Tss, tss, choisir et assumer, ça va ensemble, chacun connaissant ses motivations.

Et donc, certains avaient choisi le sénat, d’autres le parlement, d’autres la gestion publique d’entreprises, ou encore la course ministérielle. Pour quelques-uns c’était être autour de Kamerhe, ou Moïse; rester fidèle à Bemba, graver les échelons à la mouvance présidentielle, etc. Le bombardement médiatique de certains transfuges d’un camp pour un autre, passant d’une déclaration à une autre me rappelle un peu les musiciens qui quittent chez Koffi Olomide pour aller chez JB ou qui vont de chez Wazekwa à Koffi. Ça devient comme des pièces de théâtre à 10 épisodes avec des rebondissements incroyables !

C’est cela qui me sidère.

Les motivations sont personnelles et silencieuses, les choix sont un tantinet tapageur et les conséquences, wow, « population botalela nga likambo oyo »… Et là, on retourne dans le lingala kinois en omettant volontairement faveurs et privilèges reçus et en voulant embarquer la masse dans un truc qu’on est seul à comprendre.

On pensait là-bas que la masse est toujours malléable et manipulable. Surtout une masse branchée sur la bière, les églises et la galère. Mais contre toute attente, la masse a dit basta ! Et en janvier dernier c’est parti un peu en couille dans la ville jusqu’à ce jour où certaines personnes sont privées d’internet dans ce village planétaire.

Au départ, un mot d'ordre de l'opposition. Au final, plus personne ne contrôle plus rien. Ni les opposants, ni le pouvoir non plus, la masse se dirigeait toute seule et bataillait avec les policiers. Ils ont tiré sur la population. Ils en ont tué quelques-uns, mais à un moment donné quand la masse s'est ruée sur la police, elle a détalé...
Un même scénario dans quelques 5 villes comme ça, Kinshasa, Goma, Bukavu, Lubumbashi, Mbuji-Mayi.

Une masse débile disait-on...

Qui a supporté une équipe de foot - à organiser et à entrainer comme il faut avec les moyens nécessaires dans l’année… au lieu de toujours attendre la coupe d’Afrique ou autre rencontre à l’international - et qui a dansé lors de la victoire contre le Congo voisin en souvenir de la fameuse « gifle des aînés »…

La mémoire est une chose fracassante, on ne joue pas avec...

La masse.
Elle a mis le feu dans les rues, barricadés les artères principales pour que personne n'aille travailler, elle a pillé les magasins qui avaient osé ouvrir. Des magasins chinois, qui réclament des dédommagements aujourd'hui. Des magasins aux noms congolais et experts en petit commerce... La masse a répondu que les investisseurs ne viennent pas investir dans la petite et moyenne entreprise comme c'est le cas avec les chinois...

Drôle de masse idiote quand même...
Elle a l'air d'avoir de la jugeote !

Alors la seule chose intelligente à faire c’était… couper internet sur toute l'étendue du territoire pour empêcher la masse de communiquer et se coordonner, déjouer ainsi des « manigances de déstabilisation de l’ordre ». Résultat des courses, toute l'économie était par terre, nationale, internationale, les transactions, les entreprises personnelles de minerais, d'agroalimentaire, tout, par terre.
Du coup, on a remis la connexion, mais seulement dans les entreprises en affirmant que ça met du temps !

C'est calme actuellement, mais c'est toujours tendu, la question des élections étant toujours présente : comment, quand, qui se présente, partira-partira pas, et Moïse, et Kamerhe, et Bemba, et Kengo, peut-être un illustre et parfait inconnu, etc.  

Le beau clin d'œil que la masse a reçu avec le sourire je le disais: la victoire, dans le cadre des éliminatoires de la coupe d'Afrique, du Congo Démocratique sur le Congo voisin, un score de 4-2... Et là, la masse a ressorti un vieux dossier, celui du Mbata ya ba kolo - la gifle des aînés - que le Congo voisin avait lancé en chassant des congolais démocratiques qui comme les chinois aujourd'hui, géraient le petit commerce à Brazzaville et faisaient des mécontents et des jaloux ! Pour la masse, le 4-2 est le vrai Mbata ya ba kolo.

C’est un raccourci que je prends pour expliquer cette étape, j’en avais déjà parlé lors d’un post précédent.

La culture de la revendication est légitime. C’est un fait.           

Il est supposé avoir des élections présidentielles fin 2016. C’est un fait.

Le recensement de la population ne peut pas être un préalable pour l’organisation desdits élections – les 2 précédentes ayant été organisées malgré ce détail. C’est un fait.

Le capitalisme bat son plein chez les sénateurs et des putes du parlement – oh, des députés. C’est un fait.

Qu’est-ce qui va se passer ?

Wait and see.