vendredi 5 octobre 2012

Rester dans la continuité !



C’est souvent quand ils nous quittent que nous réalisons qu’on avait dans nos vies des êtres exceptionnels !
Alors on se met à rédiger des oraisons funèbres élogieuses, on se met à vouloir laver leur réputation sans qu’ils nous le demandent – ils sont morts bon sang…
On se met à faire tout ce qu’on aurait dû et qu’on n’a pas fait.
Ça ne les ramènera pas en vie.
Comme dit un refrain bien connu de tous « tout ceci ne vous rendra pas le Congo ! »…

La vie est trop courte et notre monde trop petit pour en faire un champ de bataille.
Et puis, faut savoir choisir ses batailles, celles qui en valent la peine, comme celle qu’elle a menée toute sa vie durant…
Oui, elle.
Cette femme avait quitté son pays, sa famille, sa culture, pour l’aventure.
Une aventure incroyable durant laquelle elle a appris à plusieurs générations de filles et de femmes que leur oui soit oui et leur non, un non véritable. Pas d’à peu près, pas d’écrasements, pas de faux-fuyants, dire oui à une vie et s’y tenir, dire non à la compromission et s’y tenir.
« Que votre oui soit, et votre non, non »…
Je m’en souviendrais !
Elle le scandait les lundis matins, quand elle avait une communication à nous passer ou nous booster pour la semaine ou simplement nous rappeler que nous ne sommes pas comme tout le monde, que nous sommes des personnes exceptionnelles appelées à réussir nos vies parce que nous savons nous battre pour nos choix et donner le meilleur de nous.
Oui, c’est oui. Non, c’est non. Pas de compromissions à ce niveau. À moins d’accepter qu’on se soit trompé, après tout on n’est pas Dieu.

Mlle Françoise de Meyer est un roc, un monument et un modèle pour toutes les filles du LMM - Lycée Motema Mpiko, au cœur vaillant.
C’est pour ça que je n’en parlerais pas au passé.
Elle s’est éteinte certes, mais elle vivra à jamais dans chacune des familles que ces filles et femmes auront réussi à bâtir durant leur périple existentiel.
Et elle restera présente…
J’ai pu lui offrir mon livre après sa publication – Samantha à Kinshasa, rencontrer mes professeurs et nous donner à tous l’occasion d’être fiers les uns des autres, pour mon instruction et mon parcours. J’ai pu à cette occasion animer des ateliers d’écriture avec les filles et faire une émission télévisée où elles se sont exprimées…
Aujourd’hui, je suis riche de nouvelles personnes, qui ne sont pas ma famille ni mes amis mais des personnes avec lesquelles j’ai pu échanger, fortes de la même instruction reçue dans les murs de cette école chère à De Meyer, une belge pas comme Léo.

Nathalie, Katia, Roxane, Thérèse, Nancy, Rosine, Sarah, Archilenne, Déborah, Gaëlle, Henrell, Grâce, Chrystelle, Joëlle, Espérance, Estelle, Brenda, Keren, Tracy, Francine, Rehema, Christelle, Priscille, Roxana, Nathalie, Hillary, Fhrançoyse, bref toute la bande, c’est à vous en particulier que je pense en écrivant ces quelques lignes.
Vous m’avez marquée à vie !
La mémoire nous donne une assise, un socle mental et affectif à partir desquels le présent a un sens, ce qui rend aisée la projection dans le futur… Sans peur. On se permet de rêver.

Motema Mpiko toujours…