mardi 2 juillet 2013

De continuer le voyage dans la pensée des grands Hommes... Aujourd’hui, dans celle de Jean de LA FONTAINE (1621-1695)


Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! Bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. "
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

C’est avec cette phrase ô combien sensée que s’arrête la fable et commence la vraie vie : « Allez ! » comme dit souvent Joyce Meyer après une évidence apparue dans ses prêches.

Le corbeau, honteux, confus, piétiné, blessé, ravagé, dupé, trompé, manipulé, abusé, choqué, égratigné, floué, s’est juré qu’on ne le prendrait plus à ce jeu, fini. Et Dieu sait que lorsqu’on fait serment à soi-même, ce n’est pas de la blague… ça n’arrivera plus, that’s it !
Mais franchement, le corbeau aussi, quelle idée de montrer sa belle voix et ses belles manières à l’autre qui n’en avait rien à faire. Tout ce qui l’intéressait, lui, c’était le fromage…
C’est à se demander d’ailleurs s’il l’a toujours, ce fromage !

La moralité séculaire et qui circule depuis tous ces siècles c’est que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, qui le croit. C’est quand même terrible hein.
La chose dont on ne parle pas beaucoup c’est le fait que le corbeau réalise qu’il a beau être petit par rapport au renard, et tout noir, eh bien il a des ailes ! Il est capable de voler, prendre de la hauteur, toucher et sillonner le ciel, et, de cet endroit précis voir combien le renard devient petit, tout petit, plus petit que lui.

Aux lendemains des 53 ans de la fête d’indépendance congolaise, il est important de se questionner et se positionner : corbeau ou renard ? On a vite intérêt à opter pour la mentalité de l’envol et arrêter de prétexter à chaque fois cette histoire de fromage… y a d’autres aliments dans le ciel, suffit de s’élever un peu. On chante souvent ce fameux hymne national, le « debout Congolais », mais où est-ce qu’on est debout ? En que faisant ? On a du mal à se créer un lobbying congolais juste parce qu’on est encore dans les « vous les ba… quelque chose » ! On gaspille de l’énergie à se pointer du doigt, et pendant ce temps tous les renards qui nous entourent jubilent, prennent nos fromages et se frottent les mains. Et comme on reste connecté dans nos petites luttes claniques et tribales, on ne voit pas qu’il y a plein d’aliments en dehors du fromage…

Prendre de la hauteur et se jurer que plus jamais aucun flatteur ne vivra à nos dépens :
« Debout Congolais,
Unis par le sort, unis dans l’effort pour l’indépendance
Dressons nos fronts, longtemps courbés,
Et pour de bon, prenons le plus bel élan, dans la paix
Ô peuple ardent
Par le labeur, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant, dans la paix
Citoyens, entonnez l'hymne sacré de votre solidarité
Fièrement, saluez l'emblème d'or de votre souveraineté
Don béni, Congo !
Des aïeux, Congo !
Ô pays, Congo !
Bien aimé, Congo !
Nous peuplerons ton sol et nous assurerons ta grandeur
Trente juin, ô doux soleil
Trente juin, du trente juin
Jour sacré, soit le témoin,
Jour sacré, de l'immortel
Serment de liberté
Que nous léguons
À notre postérité
Pour toujours »