lundi 18 mai 2015

De fusiller pour faire régner…


La paix.

La tranquillité.

La quiétude. Au Congo et partout ou des hommes violent au nom de je-ne-sais-quoi.

J’étais membre de jury catégorie documentaire durant le 31e festival Vues d’Afrique. S’il y a un documentaire que je peux vous suggérer c’est le gagnant,  « L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate » et la mention, « Rwanda, la vie après – paroles de mères »…
S’il y a des gens qui pensent juste qu’on exagère en parlant de viol, ou qui sont contents de leur vie en 3D sur les réseaux sociaux, allez-y regarder ces documentaires.

Moi j’ai réalisé que donner la vie c’est quelque chose d’extraordinaire. Être enceinte c’est quelque chose. Et on le célèbre dans un couple d’amour d’une certaine façon, alors imaginez qu’on vous ait violé par plusieurs gars, et vous donnez quand même la vie, une vie chérie finalement aimée et protégée par vous… c’est juste wow !  

 
Il y a des hommes qui violent, il y en a d’autres, comme Denis Mukwege, qui répare les dégâts. Qui s’en vont en campagne contre cette façon de faire, et qui dit carrément que pour lui la solution extrême serait de couper les bijoux de famille des violeurs… On n’est pas loin lui et moi. Les fusiller ou leur couper leur instrument de ravage, c’est pareil.

Prix Sakharov 2014, le docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes, violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo, un pays parmi les plus pauvres de la planète mais au sous-sol extrêmement riche. Sa lutte incessante pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables dérange, au point d’être l’objet d’une nouvelle tentative d’assassinat, à laquelle il échappe miraculeusement. Menacé de mort, ce médecin pasteur au destin exceptionnel vit dorénavant cloîtré dans son hôpital de Bukavu, sous la protection des casques bleus. Mais il n’est plus seul à lutter. À ses côtés, ces femmes auxquelles il a rendu leur intégrité physique et leur dignité sont devenues, grâce à lui, de véritables activistes de la paix, en quête de justice.

 

Quant aux paroles des mères, la réussite du réalisateur a été de faire parler les enfants nés des viols du génocide rwandais de 1994… Ils ont 20 ans et s’expriment en parlant des relations difficiles avec leurs mères, leur mal-être, l’incompréhension d’être l’objet de tant de rancœur, puis la découverte : « je suis le fruit du viol »…

Les femmes s’expriment en kinyarwanda et les silences ne sont aucunement dérangeants, au contraire ! Ils apportent un plus dans le récit de ces mères qui ont se relever et élever leurs enfants avec dignité. Et leurs paroles transcendent leurs frontières, leurs origines, leurs cultures, pour aller toucher toutes les femmes et les humains dans le monde qui vivent cette aberration qu’est le viol, quel qu’en soit le contexte. Oui, il y a des zélés qui contextualisent le viol !!!

Six femmes violées dès avril 1994 racontent leur calvaire : viol, grossesse, accouchement, errance, condamnation à vivre avec un être issu de la barbarie des hommes. Vingt ans après, on peut suivre, entendre ces femmes et leurs enfants devenus adultes…

 
On croise des gens dans ce 21e siècle qui sont des éternels plaintifs, qui mettent selon le niveau un nom à leur mal-être… L’état, le gouvernement, ma mère, mon instruction, la société, la colonisation, les frères et sœurs, le tremblement de terre, les autres, etc. Des gens en santé, nourris par la famille ou le social, mais toujours en train de rouspéter et trouver des boucs émissaires à leur immobilisme paresseux.

Il y a des problèmes plus réels dans ce monde !

Ouvrons les yeux.

 

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