vendredi 10 juillet 2015

De célébrer la vie…


Avec la chaleur humaine, le sourire des siens, l’apprentissage d’une nouvelle langue ou la conduite d’un véhicule, tout ça !

Je vais revenir dessus…

La communauté congolaise du Canada – Montréal et Ottawa surtout – défraie la chronique depuis quelques jours et pas de façon habituelle. Pas les combattants, pas la musique, pas les deuils. Non.

Toutes les facebookeuses et tous les facebookeurs ont une longueur d’avance sur le quid, donc je vais passer très vite et m’arrêter moi sur un détail assez flagrant et qu’on évoque que très peu dans cette affaire (ces images de séquestration d’une jeune fille de 21 ans par la bande d’une autre de 40 ans à cause d’un gars), c’est l’élément déclencheur : la « sexe-tape » !!!!  

On s’égosille sur les conséquences de quelque chose qu’on ne nomme pas. Comme les viols au Congo Démocratique, comme les immigrants qui traversent la méditerranée pour l’Europe, comme les présidents qui s’accrochent à leur fauteuil…

 
Ça part toujours de quelque part !

 En partant des réalités de vie, nous savons que s’exercent toujours sur les femmes des attentes qui ne concernent qu’elles : être naturellement douée pour prendre soin des autres, notamment des enfants, s’adonner aux tâches ménagères, rester toujours belle et désirable, se mettre en retrait professionnellement et socialement pour soutenir son partenaire, etc.

Ce sont les effets du patriarcat, c’est-à-dire d’une logique qui prône la domination des hommes sur les femmes, ou si l’on préfère, de la supériorité accordée dans la société aux rôles, valeurs, compétences dites « masculines » au détriment des rôles, valeurs et compétences dites « féminines ».

 
Et donc, comme on est en pleine société patriarcale, qui crée des rapports de force entre les femmes, ce qui brise les possibles solidarités entre elles, à l’heure où la résistance s’impose, l’auteur de la vidéo, la cause de tout ça, est protégé, effacé. Il devient ipso facto lui aussi victime, au même titre qu’Hélène, la pauvre fille de 21 ans. La méchante, ici, en fait, c’est l’autre femme, reconnue et réputée « invivable » de par son caractère et son tempérament. On dit que le gars en fait n’a rien commis de criminel, seulement d’immoral et on ne condamne pas les gens par rapport à leur moralité mais leur criminalité. Ouais, on peut aller dans cette direction, sauf que ça n’enlève rien au fait qu’il est l’élément déclencheur. Encore heureux que miss 40 n’ait trouvé qu’une seule « sexe-tape »… Imaginez qu’elle en ait trouvé plusieurs ? Allons-y dans le délire. Celle avec l’épouse légitime, celle avec l’épouse secondaire, celle avec la maitresse éternelle à vie, celle avec la « fille qu’il dit ne pas être son genre mais avec qui il fricote », celle avec l’ex numéro 1, 2 et jusqu’à X, celle avec la « fuck-friend » qui peut aussi être la fameuse maîtresse éternelle à vie, celle avec la « cousine », etc.

C’est pour ça que cet élément déclencheur-là, il n y a pas à le cajoler, pauvre monsieur, à le caresser dans le sens du poil et à comprendre qu’il vit mal que ses parties intimes – son cerveau – aient été vues par tant de gens. Sa pudeur est dévastée, on ne devrait pas en rajouter… Pffff !

Si tout le monde sait aujourd’hui à quoi ressemble son « cerveau », c’est sa faute, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. On peut peut-être penser que vu son âge, 26 ans, il a des chances de prendre une autre direction. Parce qu’il y a des gens qui ont tellement fait et vieilli dans ce mode de fonctionnement qu’on ne peut vraiment plus rien faire pour eux. C’est djamé ! Faut juste les éviter et prier pour que vos filles ne croisent jamais leur chemin sinon c’est la muerta.

Comment on a été socialisé joue un rôle capital dans qui nous devenons plus tard. Et dans notre socialisation, il y a nos valeurs morales, on ne peut pas les oublier en nous définissant. Alors qu’on arrête de continuer à privilégier le bleu au détriment du rose et à donner des caractéristiques masculines qui n’en sont pas à nos enfants. Prendre ses responsabilités, ça commence toujours sur le plan personnel pour ne pas éclabousser le public.

La masculinité est hégémonique. Et le patriarcat existe vraiment. Bien qu’il ne soit pas écrit, il est assimilé et perpétré chaque jour dans nos existences, par la télé et le système.

C’est la  structure primaire sur laquelle la société actuelle repose. Une tentative de définition serait la suivante: le Patriarcat est une forme d’organisation politique, économique, religieuse et sociale basée sur l’idée d’autorité et de leadership de l’homme, où il existe une prédominance des hommes sur les femmes, du mari sur l’épouse, du père sur la mère et les enfants et de la ligne de descendance paternelle sur la ligne maternelle. Le Patriarcat a surgi par une prise historique du pouvoir par les hommes lesquels se sont appropriés la sexualité et la reproduction des femmes ainsi que son produit, les enfants. S’est ainsi créé dans le même temps un ordre symbolique à travers les mythes et la religion qui  perpétue le patriarcat comme unique structure possible. L’ordre patriarcal crée une imposture basée sur le principe de l’Absolu Masculin (Unique, Seul) d’où la femme est exclue. Par conséquent, le registre du passé de la race humaine qui a été écrit et interprété est seulement un registre partiel qui omet le passé de la moitié de l’humanité. Encore que ces informations n´ont pas été consignées avant qu’elles ne le soient par des femmes aujourd´hui. Les femmes ont été systématiquement exclues du façonnage des systèmes de symboles, des philosophies, des sciences et des lois.

 
On peut prendre une femme comme un peuple pour une conne une fois, mais on ne peut pas le faire tout le temps. C’est cette fin-là qui est totalement jubilatoire. Pour miss 40 et miss 21 dans cette chronique congolaise canadienne, la solidarité n’a pas été au rendez-vous, comme souvent. Mais ça ne sera pas toujours comme ça. Un jour, l’histoire changera et sera raconté d’un autre point de vue sans avoir à se crêper le chignon pour un « cerveau » instable !  

Et là, épouse légitime, secondaire, maîtresse éternelle à vie, la maitresse éternelle à vie, la « fille qu’il dit ne pas être son genre mais avec qui il fricote », toutes les ex, la « fuck-friend » qui peut aussi être la fameuse maîtresse éternelle à vie, la « cousine », etc., pourront célébrer la vie en toute solidarité.

Et moralité ou criminalité, qu’importe ! Dans la vie, il faut savoir assumer ses choix, ses actes, ses colères, son addiction et ses décisions jusqu’au bout !!!!!!!
 
Un message à mon amie Lina :
Bonne fête très chère...
Je sais que tu me lis toujours et je te rassure, je n’ai pas oublié ton anniversaire.
Merci pour tout ce que tu es pour moi dans ce pays.

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