mercredi 30 mars 2016

De rire de l’ironie du sort…


Bonne année à chacun en plein fin mars !



Au lieu de continuer de rabâcher tout le monde avec mes excuses de présence-absence sur la toile, je vais vous avouer : ma plus belle œuvre est née le jour de mon anniversaire ! Un superbe clin d’œil de la Providence…

Alors, depuis, je suis au service de son altesse mon adorable bout de chou, je lui suis totalement dédiée !

Alors de chez nous, je reste tout de même connectée aux nouvelles.  

Celles du Congo surtout, l’autre chose pour laquelle je vibre.



Ces deux évènements mis ensemble me font sourire ces temps-ci. Je ne suis pas en quête de rire de l’ironie du sort, non, je suis carrément en train de le faire, je ris de l’ironie du sort. Ce n’est donc pas une quête, c’est un fait : mon état actuel.

Je trinque au sort, qui ne cesse de me faire des clins d’œil depuis un bon moment maintenant… J’ai réussi mon parcours-papillon.

Et je ne remercierai jamais assez les emmerdeurs de vie que j’ai connus, vous m’avez donné encore plus de plomb dans mon mental.



J’emprunte ici les mots d’Éric Célérier du Top Chrétien :

« Vous connaissez sans doute le processus de croissance du papillon. C'est l'une des transformations les plus fascinantes que nous offre la nature.

Tout commence avec une petite larve qui devient chenille... une chenille qui se tisse une habitation temporaire.

Cette habitation semble être un lieu où rien ne se passe (vu de l'extérieur), presque un endroit de mort, sans mouvement, sans bruit... mais pas sans vie...

Quelques jours passent et tout à coup la vie jaillit et quitte le cocon. Une paire d'ailes magnifiques déchire le ciel et contribue à la beauté de la création.

Saviez-vous, que si l'on ouvrait le cocon "artificiellement" pour aider le papillon à en sortir, celui-ci mourrait ?

C'est ce processus de lutte pour quitter la chrysalide qui permet aux ailes de se fortifier, d'être assez solides pour affronter ensuite les éléments naturels, le vent, la pluie et tout ce à quoi le papillon devra faire face au cours de sa vie. Ce passage clé de "la chrysalide" est incontournable et essentiel à la préparation de cette créature. »



Parallèlement à mon sourire, je me questionne sur l’avenir du monde, avec tous les attentats qui se multiplient à travers le monde. On a beau contourner, tripatouiller, l’heure du bilan sonne toujours. À la fin d’une année, à son début, à l’occasion d’un anniversaire, à l’occasion de rien, à la suite d’une disparition.

2016 est une année de bilan pour le Congo dit démocratique.

Pour le monde tout court.

Vous avez dit mondialisation ? Hum.

Tous les compteurs devraient retourner à zéro…

Beaucoup ne sont pas prêts, encore.



Dans mon entourage et famille, je repars de zéro également. En prenant les nouvelles de ceux qui comptent. Pas via un « like » incompréhensiblement imbécile sur Facebook, mais en vrai, en décrochant mon téléphone ou quand c’est possible, en personne.

C’est seulement comme ça qu’on pourrait vraiment s’en sortir. Témoigner notre affection à nos proches. Pour que lorsqu’ils disparaissent, aussi brutalement comme ceux qui sont morts lors des attentats à Bruxelles, nos regrets, notre chagrin ne se transforment pas en remords.

« Reposez en paix Sabrina, Yves, et vous tous qui êtes partis si brutalement… »



C’est ici que je voudrais placer le texte de ma cousine Fleur Thambwe aka Fifi. J’ai évidemment sa permission pour le diffuser… Il parle du Congo, dans la mondialisation, avec pour sujet l’intégrisme, de façon très humoristique, un moyen de traverser nos douleurs :



« Je fais ma valise avec grande joie !!!

J'ai l'impression que finalement, on est plus en sécurité, à Kinshasa, entre nos policiers/militaires mal lunés et nos kulunas.

J'étais à Paris, le 13 novembre. Je vis en Belgique.

Il y'a une marche contre la peur, organisée le 27 mars.

Je n'irais pas marcher, j'ai peur.



Je vais à Kinshasa, là-bas, les djihadistes n'ont pas le temps de chercher comment faire les bombes, et où aller s'exploser.

Il faut de l'électricité pour confectionner la bombe, donc avec la SNEL, là, et le délestage, ça va être tellement compliqué que ta bombe, c'est dans ta main qu'elle va exploser.



Et puis quand, au bout de 4 mois, tu as fini la bombe, tu veux la mettre dans le taxi, laisse seulement. Les taxis sont fous et les taxi-bus ont les esprits de mort ! D’ailleurs, non seulement, tu n'as pas de place pour tes valises, mais en plus, vous allez faire l'accident avant que tu n'ailles faire l'explosion.



Admettons, tu as pris le taxi privé, tu veux mettre la valise dans le coffre. Tu ouvres le coffre, soit c'est un grand trou et tu vois déjà comment la valise va tomber sur le sol, soit le taximan a été au marché le matin même et dans le coffre, il y'a sa chèvre, ses poulets et son pondu. Tu fais comment avec ta valise ?



Bon, tu as enfin réussi à trouver une voiture, tu es en route pour l'explosion. Sauf qu’avec les embouteillages sur le boulevard, tu ne vas jamais arriver !

Et si ce ne sont pas les embouteillages, ta voiture s'est noyée à cause des montées d'eau de pluies, qui ne s'évacue pas. La bombe a pris l'eau. Elle ne va plus péter.



Bon, tu as passé tout ça, tu as séché la bombe même, tu es en route pour N’Djili, mais embouteillage entre Limite-Massina-N’Djili. Donc, tu essayais d'aller faire exploser la bombe à N’Djili, tu es déjà fatigué, en arrivant.

Tu laisses seulement !



Et j'ai même oublié de préciser, au cas où le gars préfère la ceinture explosive à la bombe dans la valise. Soit, il ne fera pas deux mètres avec, tellement la chaleur va frapper la lourdeur de la ceinture. Soit il ne dépassera jamais Bandal ou Lemba, où on va le couronner... Roi des Sapeurs !!!



À Kinshasa, les djihadistes sont moins costauds que le système kinois, hein.  Nous au moins, on est habitué… LOL ! »



Merci Fleur.












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